Quand il pleut, c’est le soleil qu’on veut .
Quand le soleil brûle un peu nos oreilles,
C’est la pluie qu’on veut.
Quand les papillons se bousculent avec les abeilles,
Qu’est-ce qu’on veut ?
Eh ben, –en vérité– on veut l’éternité !
On voudrait rester jeune à jamais !
Qui ne s’est pas regardé dans une glace ?
Qui n’a pas rêvé de vie de palais et de palaces ?
A chaque fois, la vie te regarde bien en face
Avec un regard plus glacial que la glace.
Elle te dit : « Hé, mon mignon !
Vivras-tu autant que Napoléon ?
Auras-tu une place au Panthéon ?
Regarde, imbécile ! Regarde, petit paon !
Le thé que tu bois, on l’a bu avant toi.
La mer que tu vois, on l’a vue avant toi.
Demande à Sindbad si tu ne le sais pas ;
Mais –ma foi– toi aussi, tu partiras bien avant moi !
Une fois, on a bâti les pyramides
Sur des terres bien arides :
On ne voit plus les maîtres des pyramides,
On ne voit que les terres bien arides !
Toi aussi tu partiras … et tu laisseras ta demeure.
Elle sera repeinte et embellie de fleurs.
Et moi –la Vie– je serais bien là pour les cœurs
A qui la mort ne ferait pas vraiment peur .
Mais t’en fais pas, quand même !
Tant que tu es là, alors sème––
Sème la bonté, sème la beauté, sème tout ce que tu aimes :
Après la mort, tu trouveras tout ça comme tu l’aimes…
Chez un Dieu qui aime les bons cœurs. »
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