Mohamed Ali Lagouader - Purnev Literary Magazine
Né à Mohammédia, Maroc, en 1966, Mohamed Ali Lagouader a fait ses études universitaires en anglais et en traduction. Il a publié en ligne trois romans en ...
Né à Mohammédia, Maroc, en 1966, Mohamed Ali Lagouader a fait ses études universitaires en anglais et en traduction. Il a publié en ligne trois romans en ...
On a tous voulu exclure Dieu,
Comme le parti chinois fera aux Vieux.
On a dit aux gens :
« Vous voulez du boulot ? Vous voulez de l’argent ?
Vous voulez une bonne santé ?
Et pour vos enfants une bonne scolarité ?
Alors votez pour nous et vous aurez tout cela ! »
Mais que fait alors Allah ?
N’est-ce pas Lui qui donne la vie et la mort ?
N’est-ce pas Lui qui décide de notre sort ?
N’est-ce pas Lui qui fait tomber les dictateurs ?
N’est-ce pas Lui qui fait tomber la neige aux portes des décideurs ?
Mais non dira-t-on !
On sortira brandissant des cartons
Sur lequels on peut lire :
LE PEUPLE VEUT DEPOSER L’EMIR !
Même les islamistes –Ô Islamistes !–
Ils viennent avec leurs propres listes :
Votez pour nous et vous aurez le paradis sur terre !
On a voté pour eux, et on aura la misère !
Il neige dans la presse . Quelle détresse !
Même la télé tousse ! Mais où est l’eau douce ?
Le nez du robinet est bouché.
Qui n’est donc pas touché ?
Des hommes meurent sur le trottoir.
Des bêtes n’arrivent pas à l’abatoire.
Les politiciens n’y comprennent plus rien.
Ils ont plus de froid que de peur et
Leurs ingénieurs, eux, ont les deux.
Et toi, chérie, cache-toi du froid !
C’est le moment de porter le coton et jeter la soie.
Ici y a froid et sécheresse, mais c’est la même faiblesse :
La faiblesse des hommes devant Allah !
Couvre-toi, donc, chérie, et lis ma poésie.
Quand il pleut, c’est le soleil qu’on veut .
Quand le soleil brûle un peu nos oreilles,
C’est la pluie qu’on veut.
Quand les papillons se bousculent avec les abeilles,
Qu’est-ce qu’on veut ?
Eh ben, –en vérité– on veut l’éternité !
On voudrait rester jeune à jamais !
Qui ne s’est pas regardé dans une glace ?
Qui n’a pas rêvé de vie de palais et de palaces ?
A chaque fois, la vie te regarde bien en face
Avec un regard plus glacial que la glace.
Elle te dit : « Hé, mon mignon !
Vivras-tu autant que Napoléon ?
Auras-tu une place au Panthéon ?
Regarde, imbécile ! Regarde, petit paon !
Le thé que tu bois, on l’a bu avant toi.
La mer que tu vois, on l’a vue avant toi.
Demande à Sindbad si tu ne le sais pas ;
Mais –ma foi– toi aussi, tu partiras bien avant moi !
Une fois, on a bâti les pyramides
Sur des terres bien arides :
On ne voit plus les maîtres des pyramides,
On ne voit que les terres bien arides !
Toi aussi tu partiras … et tu laisseras ta demeure.
Elle sera repeinte et embellie de fleurs.
Et moi –la Vie– je serais bien là pour les cœurs
A qui la mort ne ferait pas vraiment peur .
Mais t’en fais pas, quand même !
Tant que tu es là, alors sème––
Sème la bonté, sème la beauté, sème tout ce que tu aimes :
Après la mort, tu trouveras tout ça comme tu l’aimes…
Chez un Dieu qui aime les bons cœurs. »
Mon cœur est trop petit pour toi.
Mon cœur est trop sale pour être ta demeure.
Mon cœur que se partagent l’argent et la foi
Ne peut accueillir le Seigneur !
Mon cœur qui s’enflamme à la vue d’une femme,
Mon cœur qui a peur de la mort,
Ne peut aimer celui qui a fait mon âme,
Qui a façonné mon être et arrêté mon sort !
Tu es trop grand pour mon petit cœur.
Tu es trop fort pour le plus grand amour,
Toi que je n’oserai comparer à une fleur
Ou à une belle chose de tous les jours !
Je peux mentir à une femme ;
Je peux lui dire les plus belles rimes.
Mais c’est ce que n’oserait mon âme
Faire pour te plaire, toi, le Sublime !
Tu n’as pas besoin de mes vers.
Tu n’as pas besoin de mes larmes ou de mes soupirs.
Et si je pouvais t’aimer, toi, qui m’as tout offert,
Ce ne serait que pour ton propre plaisir !
Je sais que tu aimes d’autres âmes que moi.
Je sais que tu penses à d’autres cœurs que le mien.
Mais je ne saurais être jaloux pour ça :
Si tu penses à moi une seconde, ça me ferait du bien !
Je sais que l’on vénère d’autres dieux sous d’autres cieux,
Je sais que l’on leur apporte toutes les offrandes ;
Je sais que l’or et l’argent enivrent les yeux ;
Je sais qu’on est faibles devant la beauté du monde.
Mais je sais aussi que je ne pense pas à toi tout le temps–
Moi qui prétends pourtant croire que tu es le Seul Dieu !
Et je sais que j’ai péché pendant trop longtemps,
Alors que dirais-je de ceux qui vénèrent d’autres dieux !
Est-ce que tu me permets de te dire : Pardon ?
Est-ce que tu me permets de te dire : Je t’aime ?
Ou est-ce que ce serait un mensonge cette demande de pardon ?
Ou est-ce que tu prendrais ce poème pour un blasphème ?
Ô Allah, pardonne-moi !
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